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1895 - 1972

 

 

HONTEUSEMENT OUBLIÉ

Henri de MONTHERLANT

Henri de MONTHERLANT

Henri de Montherlant fut un écrivain d’une immense renommée (durant mes années de jeunesse il était à la fin de sa vie – j’ai vécu la création du « Cardinal d’Espagne » et de « la guerre civile ».)

 

Il est invraisemblable et injuste qu’il soit aujourd’hui ENTIEREMENT OUBLIE. Il a été élu à l’Académie Française presqu'en passe-droit (voir ci-dessous). Il n’a jamais siégé sous la coupole, n’a jamais porté l’habit vert, n'a jamais travaillé "au dictionnaire". Bref on l’a presque supplié d’entrer. C’est dire la célébrité et la gloire dont il était entouré ! Qu’il soit absolument méconnu maintenant est ridiculement injuste !

 

 

 

 

 

 

Peu de contemporains - de cette époque - ont été publiés dans les petits classiques !

 

(On l'aime si peu qu'il n'est pas impossible que je reçoive des reproches sur ce petit travail pour tenter de revaloriser Montherlant et qui plus est le Montherlant mystique!)

 

 

 

Mais évidemment, dans ses pièces, on parle d’honneur, de fierté, de convictions, d’orgueil et de foi, de mystique… Alors évidemment, maintenant… Quand l’époque changera on le redécouvrira.

 

 

Ceux qui ne l’aiment pas refusent son côté cornélien et nietzschéen. En réalité c’est là qu’il est grand.

Il y aurait des études à faire sur ces aspects ainsi que sur ses références au monde arabe et à la folie.

 

Je vous le laisse découvrir par Wikipedia :

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henry_de_Montherlant

 

 

Volontairement je ne parle pas de ses premières pièces - sauf de l'Exil, voir ci-dessous -. Aussi je délaisse : Fils de personne, Demain il fera jour, Celle qu'on tient dans se bras, Don Juan, Pasiphaé qui ne datent pas du tout du temps de ma jeunesse et même si J'AI TOUT LU

- en théâtre comme en roman - 

je ne peux rien témoigner sur ces pièces là.

 

Henri Rollan dans "fils de personne"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'EXIL :

 

(La pièce est à Paris fin août 1914)

 

Jeune, Montherlant a beaucoup aimé les sports virils :

 

MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !

C'est l'histoire d'une amitié entre deux garçons que la guerre sépare et qui fait qu'ils ne peuvent se retrouver intacts. Le tout coiffé par une mère castratrice.

Cette pièce de jeunesse (Montherlant a 18 ans) est REMARQUABLE. Si je l'inclus ici, dans des œuvres mystiques et de la maturité, c'est que je l'ai vu jouée à la fin du XXè siècle dans un théâtre de la rue Mouffetard. J'avais été séduit (je le suis toujours l'ayant relue) par la finesse psychologique des personnages.

C'est une grande pièce, tout à fait valable, tout à fait reprogrammable et qui serait d'actualité, les sentiments exprimés, finement rendus et analysés, étant éternels.

En plus c'est très théâtral, souvent émouvant et parfois drôle (l'assemblée des mères!)

 

Au cours de la rédaction de toute cette page (qui m'a demandé beaucoup de travail) je n'ai cessé de me poser la question : "mais pourquoi ne le joue-t-on plus?!..."

Montherlant à 18 ans alors qu'il écrit l'Exil.

Montherlant à 18 ans alors qu'il écrit l'Exil.

Pour commencer : point de mysticisme mais un remarquable sens de la théâtralité et de la psychologie.

 

Note : on a trop facilement classé Montherlant dans les gens de droite, voire d'extrême droite. Il ne se reconnaissait pas ainsi. Bien qu'il ait été fortement sollicité. Ces imbéciles confondaient grandeur à la romaine et réaction conservatrice. On voit bien dans cette première pièce, écrite à 18 ans et au début de la grande guerre qu'il n'a rien d'un réactionnaire. Il est même très provoquant et même  blasphématoire...

 

*

 

"Les lois naturelles, c'est la conduite du plus grand nombre, voilà tout."*

 

* Cocteau à la même époque dira exactement le contraire (en substance : " l'avis commun n'est pas la vérité." et "il faut vivre maintenant comme tout le monde vivra dans vingt ans".)

 

 

Une mère :

... cet homme, durant les trois semaines de sa convalescence illusoire, a résisté... enfin, vous me comprenez, il a résisté à cela, et pourquoi? parce que lui, paillard de la pire espèce, avait fait sur le front la connaissance d'un jeune prêtre, un de ces prêtres admirables... Ce n'est pas beau cela?

 

Philippe (le personnage principal)

Mais c'est stupide, c'est cela qui l'a tué! Il n'y a rien d'immoral comme de résister. Un désir non satisfait remonte dans l'esprit et le hante, empoisonne l'organisme et toute la vie, tandis que s'il est exécuté, c'en est fini, on n'y pense plus. D'ailleurs de toute façon, je ne crois pas que cet homme ait eu un grand mérite. S'il a résisté au péché, c'est que le péché ne lui faisait pas envie...

J'ajouterai que pour mon compte, je suis partisan de l'amour platonique, qui est tout à fait indispensable au développement de l'imagination.

 

 

Le refus des louanges est le désir d'être loué deux fois.

 

... Je suis celui pour qui la guerre n'existe pas et n'aura jamais existé. Je mets des gants beurre frais, je pince le pli de mon pantalon, je reproche aux blessés de sentir mauvais, aux officiers de n'avoir pas lu Nietzsche, aux soldats de faire des mots historiques. Ceux du front ne sont pas encore revenus que déjà je me sens rempli contre eux de jalousie et de dénigrement. On m'a exilé de ma patrie profonde. Alors je la déchire... sans pouvoir rompre ce cercle infernal de la solitude.

 

Ce qu'il y a d'embêtant dans les brouilles, c'est la réconciliation.

 

Adieu. Je pars me faire une âme comme la sienne, pour le retrouver au retour."

 

*

 

 

Maintenant, après le jeune Montherlant, passons au Montherlant mystique dont cette étude est précisément le sujet.

 

 

Bien que son œuvre romanesque soit immense nous nous borderons à des citations exclusivement tirées de ses pièces et nous choisissons, volontairement, des citations revêtant un aspect mystique – côté qu’on ignore trop chez lui.

 

 

 

Une photo trop rare! Montherlant souriant!

 

Une autre photo rare : Montherland en couleurs.

Une autre photo rare : Montherland en couleurs.

 

 

 

*

 

 

LA REINE MORTE :

 

Immense succès sous l’occupation ! (créé en 1942)

MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !

 

de gauche à droite : J. L. Vaudoyer (administrateur, l'auteur, Madeleine Renaud, Julien Berthaud, Deninx, L. Seigner, Yonnel, Chambreuil, Bacque, J. Charon, Valcourt, Jeanne Faber, M. Perey, Renée Faure, Pierre Dux.

de gauche à droite : J. L. Vaudoyer (administrateur, l'auteur, Madeleine Renaud, Julien Berthaud, Deninx, L. Seigner, Yonnel, Chambreuil, Bacque, J. Charon, Valcourt, Jeanne Faber, M. Perey, Renée Faure, Pierre Dux.

 

« - Je ne sais pourquoi, chaque fois qu’on me loue, cela jette en moi une brusque ondée de tristesse… Chaque fois qu’on me loue, je respire mon tombeau.

 

- Je vous reproche de ne pas respirer à la hauteur où je respire… Vous êtes petit, et rapetissez tout à votre mesure… En prison pour médiocrité.

 

 

- Tout vice que le Roi approuve est une vertu.

 

- Debout ! Homme, debout ! On est tout le temps à vous relever. Vous êtes tout le temps à genoux, comme les chameaux des africains, qui s’agenouillent à la porte de chaque ville. Ah ! Quand je vois ce peuple d’adorants hébétés, il m’arrive de me dire que le respect est un sentiment horrible.

 

répétition de la Reine morte - 1942 - Maurice Chambreuil, Jean Yonnel, Maurice Escande. Assis : Pierre Dux. J. L. Vaudoyer et Roland Oudot.

- Je veux régner sur des hommes debout, non sur des hommes prosternés. Et puis il y a toujours sur le miel qu’on m’offre une abeille pour me piquer.

 

- … il n’y a que des choses étranges par le monde.

 

 

- Bientôt mon âme va toucher la pointe extrême de son vol, comme un grand aigle affamé de profondeur et de lumière. En un instant j’apparaîtrai devant mon Dieu. Je saurai enfin toutes choses…

 

MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !
MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !
1954 - 250è représentation de la Reine morte. De gauche à droite : Yonnel, ?, André Falcon, l'auteur, ? , et Maurice Escande à droite.

1954 - 250è représentation de la Reine morte. De gauche à droite : Yonnel, ?, André Falcon, l'auteur, ? , et Maurice Escande à droite.

- Modérez-vous. Il ne faut jamais avoir plaisir si vite… Je ne sais ce qui est le meilleur : se détacher, ou qu’on se détache de vous… La plupart des affections ne sont que des habitudes ou des devoirs qu’on n’a pas le courage de briser.

 

 

Maurice Escande, André Falcon, Henri de Montherlant

 

- Etre là, et que cela soit permis, et se dire que la terre peut porter de pareilles choses, ; et que cependant le mal et la mort continuent d’exister, et qu’il faudra mourir soi aussi.

 

- … quand ils seront hommes, c’est-à-dire hypocrites –

Dona Inès parlant de son fils : Le jour où je l’ai connu est comme le jour où je suis née. Ce jour là on a enlevé mon cœur et on a mis à sa place un visage humain.

- Il est devenu un homme, c’est-à-dire la caricature de ce qu’il était. - Il y a une façon brave et presque provocante de recevoir le premier assaut du destin.

 

- Dona Inès : Ah ! Un peu moins de ciel bleu, et le corps de l’homme que j’aime !

 

- Le souffle des rois est brûlant. Il vous consumera.

 

-  Quand on vieillit, les colères deviennent des tristesses.

 

- Toute ma vie je n’ai fait qu’effleurer le monde… J’ai atteint l’âge de l’indifférence.

 

- Toutes les femmes, je l’ai remarqué, tournent avec obstination autour de ce qui doit les brûler.

 

- Ils disent que je délire parce que je dis la vérité.

 

- Treize ans a été l’année de votre grande gloire ; vous avez eu à treize ans une grâce, une gentillesse, une finesse, une intelligence que vous n’avez jamais retrouvée depuis ; c’était le dernier et merveilleux rayon du soleil qui se couche ; seulement on sait que, dans douze heures, le soleil réapparaîtra, tandis que le génie de l’enfance, quand il s’est éteint, c’est à tout jamais. On dit toujours que c’est d’un vers que sort le papillon; chez l’homme c’est le papillon qui devient un ver. »

 

Note : si on fait "la reine morte de Montherlant" sur Google image il n'y a presque RIEN

 

 

 

 

 

MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !

 

 

LE MAITRE DE SANTIAGO :

 

 

MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !
MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !
De gauche à droite Hélène Vercors; H. de Montherlant, J. Hébertot, et avec son éternelle cigarette, H. Rollan, le petit jeune V. Ortega.

De gauche à droite Hélène Vercors; H. de Montherlant, J. Hébertot, et avec son éternelle cigarette, H. Rollan, le petit jeune V. Ortega.

Note : nous sommes d'accord sur le fait qu'Alvaro est un excessif, un fanatique. Mais la fin, que je ne fais qu'évoquer - lisez la pièce - montre un véritable mystique.

Autre note personnelle : Pendant ses cours Henri Rollan nous avait fait une confidence sur le rôle d'Alvaro : "quand on découvre ce texte on reçoit un coup au ventre (pour sa grandeur et sa majesté) et j'ai dit à Montherlant : - je réponds de moi jusqu'à cet endroit, après je ne peux répondre de moi."

Il disait cela par honnêteté car la fin est quasi une illumination mystique et alchimique (avec son double féminin dans le personnage de sa fille Mariana!)

Personnellement j'ai cru déterminer cet endroit. C'est à la fin. Exactement :

Acte III scène 5 : "Toi mon enfant tu iras vivre chez ta tant. A moins que... A moins que... Pourquoi pas? Laisse moi t'entraîner dans ce Dieu qui m'entraîne..."

 

 

« Du fond des ruelles étroites que les étoiles semblent belles !

 

- Roule! Torrent de l'inutilité!

 

- Je n’ai soif que d’un immense retirement.

 

- Oui, je sais quelle gêne un homme qui n’a nulle ambition peut causer dans une société.

 

- Partout le triomphe du plus bête et du plus abject est assuré.

 

- Je suis fatigué de ce continuel divorce entre moi et tout ce qui m’entoure. Je suis fatigué de l’indignation. J’ai soif de vivre au milieu d’autres gens que des malins, des canailles et des imbéciles. Avant nous étions souillés par l’envahisseur. Maintenant, nous sommes souillés par nous-mêmes ; nous n’avons fait que changer de drame.

 

 

- Avant la prise de Grenade, il y avait à la Frontera, au sommet d’un pic, un château fort où les jeunes chevaliers accomplissaient leur noviciat. C’est là que pour la dernière fois j’ai entendu le chant de l’Oiseau. Nul ne l’entendra plus jamais.

 

- Les jeunes gens n’ont l’audace de rien, ni le respect de rien, ni l’intelligence de rien. A eux les expéditions maritimes, c’est bien ce qu’il leur faut. Mais les hautes aventures sont pour les hommes de notre âge, et les hautes aventures sont intérieures.

 

 

- O mon âme, existes-tu encore ? O mon âme, enfin toi et moi !

 

- Tout être humain est un obstacle pour qui tend à Dieu.

 

 

- On aimait l’or parce qu’il donnait le pouvoir et qu’avec le pouvoir on faisait de grandes choses. Maintenant on aime le pouvoir parce qu’il donne l’or et qu’avec cet or on en fait de petites.

 

- Si vous aviez pressenti une fois seulement ce qu’est la face de Dieu, vous détourneriez la tête dans la rue pour ne pas voir la face d’un homme.

 

- … un rien imperceptible et tout est déplacé…

 

- La foudre ne sait que détruire. Mais la germination se fait dans un profond silence, enfouie, insoupçonnée de tous.

 

- C’est un honneur qu’être oublié par une époque telle que la nôtre… Que voulez-vous qu’on désire quand tout est déshonoré ?

 

- … les jeunes ont des façons brusques, mais souvent le cœur modeste, tandis que les vieux, souvent, avec des apparences saintes, ont le cœur dur et orgueilleux.

 

 

Unum, Domine!

Unum, Domine!

- Désormais je touche à mon but : ce but, c’est de ne plus participer aux choses de la terre. Oh ! Comme depuis toujours j’y aspire ! Comme je forçais sur mes ancres pour cingler vers le grand large !… Tu verras ce que c’est, que de n’être rien.

Alvaro : Dieu ne veut ni ne cherche : il est l'éternel calme. C'est en ne voulant rien que tu refléteras Dieu.

(Il détache du mur le grand manteau blanc de l'Ordre, et, la main sur l'épaule de Mariana, enveloppe avec lui sa fille dans le manteau, qui leur tombe jusqu'aux pieds.)

Les flocons de neige descendent comme des langues de feu sur les apôtres. Le sais-tu? C'est à la Pentecôte surtout qu'on armait les chevaliers. Par ma main sur ton épaule, je te donne la Chevalerie. Et maintenant, partons du vol des aigles, mon petit chevalier! Quel voyage nous avons à accomplir, auprès duquel celui des Indes apparaît tellement sordide et grotesque!

 

- ... j'aperçois un Etre au regarde fixe, qui me regarde d'un regard  insoutenable.

- Sang de mon sang, tu étais meilleure que moi en un instant tu me dépasses, tu vois avant moi ce que j'ai tant rêvé."

 

 

 

Note : Si vous pouvez trouver et lire « les chevaleries » de Montherlant* et si le sujet vous intéresse vous y découvrirez beaucoup d’éclaircissements rares et enrichissants! Plus que le mysticisme il était surtout hanté par la notion de chevalerie.

* in "solstice de juin".

 

 

 

Port-Royal :

1953

 

 

Dans les années 1660, les Jansénistes prenaient le christianisme « trop au sérieux », et n’aimaient pas les « demi-chrétiens » comme dit l'une des religieuses. Parmi elles figure la Sœur Angélique de Saint Jean, ancienne maîtresse des novices, admirée par la toute jeune Sœur Françoise qui cherche auprès d’elle du réconfort au moment où certaines nonnes vont trahir. Parce qu’elle a décidé de se soumettre aux autorités religieuses et temporelles, actuelles et à venir, Sœur Flavie a dénoncé les futures proscrites et Angélique sait le dur sort de recluse qui l’attend. Est-il concevable d’être sous « l’aile du pouvoir » et non pas « sous l’aile de Jésus-Christ », ne peut-on ressourcer sa foi dans le mysticisme qui permet de la vivre ? Cette «œuvre quasiment tout intérieure» pose bien d’autres questions encore, mais comporte des épisodes touchants montrant ces dames de Port Royal « tributaires du siècle ». Au moment de la quitter, Sœur Angélique dit adieu à sa Sœur Françoise qui lui promet de demeurer fidèle : « On n’est jamais seule quand on a la foi ». Sœur Angélique conclut : « La nuit passera et la vérité de Dieu demeurera ».

MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !

 

- « Dieu ne nous remplit qu’autant que nous sommes vides.

 

 

- Aujourd’hui, le 26 d’août… Le milieu de l’année et le milieu du jour. L’heure des démons du milieu du jour. Je ne sais ce qui est le pis : ou le milieu du jour, ou le réveil, avec la journée qu’il va falloir charger. Ce grand silence d’août. Il y a un silence et un abandon, en août, qui me figurent terriblement le silence et l’abandon de Dieu. Quand le fort et le chaud du jour seront passés, vers cinq heures, je serai mieux. Et puis, à cinq heures, on est tranquille jusqu’au lendemain matin : il ne se passe rien la nuit. La menace monte avec le soleil.*

 

* Cette tirade me touche particulièrement.

 

 

 

 

MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !

 

 

- Nous écrivons « blanc », et on affirme avec indignation que nous avons écrit « noir ».

 

 

- L’art de vivre avec son prochain ne s’apprend pas dans les nuages, ni dans les prières.

 

- Comme vous emmêlez ce qui vous sert à ce que vous prétendez servir ! Enivrée d’obéissance ! Et vous n’êtes plus capable que d’adorer votre enivrement. Ah ! c’est bon, n’est-ce pas ? d’être sous l’aile du pouvoir. On y est mieux que sous l’aile de Jésus-Christ. Car il y en a d’autres, peut-être, pour qui obéir en aveugle est une attitude doctrinale, contestable, mais du moins religieuse et sincère. Pour vous, obéir, c’est être quoiqu’il arrive la protégée du pouvoir… Car on, veut obéir, mais c’est qu’on veut commander. Obéir aux grands, pour commander aux petits et leur commander à sa guise. Notre liberté à nous est celle des enfants de Dieu : elle nous mène aux prisons. La vôtre est la liberté des enfants de Bélial : pouvoir faire n’importe quoi, parce qu’on le fera toujours impunément.

 

- Il ne faut à aucun prix qu’un être par sa trahison, nous décourage d’avoir plus jamais confiance en d’autres êtres. Il aurait trop gagné, s’il avait tué en nous la confiance faite à notre prochain.

 

voir aussi :

 

http://agalmar.over-blog.com/2018/09/une-journee-a-port-royal-des-champs.html

 

Note : si on fait "Port-Royal de Montherlant" sur Google image il n'y a quasi RIEN!

 

 

 

Dans la même ambiance et par mon ami Agalmar :

http://agalmar.over-blog.com/2017/05/le-dialogue-des-carmelites-de-pourlenc-bernanos.html

 

 

 

 

 

 

MALATESTA :

 

 

1948

 

 

 

MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !
Jean-Louis Barrault dans le rôle de Malatesta

Jean-Louis Barrault dans le rôle de Malatesta

- « Mais j’ai au moins la satisfaction de me dire que je ne suis pas coupable. Comme j’ai bien fait de l’être ! Vive ma vie ! Je me console aussi en recherchant dans les auteurs anciens tous les passages où il est question d’hommes illustres qui furent en disgrâce. Ils l’ont été presque tous, Dieu merci ; et je finis par me sentir heureux au milieu de cette grande famille de condamnés.

 

 

Le pape : Pierre Blanchar, à genoux J. L. Barrault dans le rôle de Malatesta

 

- Est-ce que la grève se plaint quand la marée se retire d’elle ? Elle sait que la marée reviendra. Ces allées et ces venues, ces hauts et ces bas, c’est le tout venant de vies comme les nôtres. Et aussi bien de toute une vie : ce rythme est partout dans la nature, ce rythme est celui-là même de la nature, et si pareille épreuve ne nous était pas advenue, nous aurions dû la provoquer. Il n’y a pas de grande destinée sans un peu de mélancolie.

 

 

- Quand je suis avec Tite-Live, avec Marc Aurèle, avec Démosthène, avec Périclès, ils sont tellement plus réels pour moi que mes contemporains que, s’il se trouve jamais un sbire qui me mette la main sur l’épaule, je crois que la seule parole qui me viendra à la bouche sera : « De quoi s’agit-il ? » Mes préoccupations sont tellement impénétrables et incommensurables pour ceux qui m’arrêteront, qu’il me semble qu’à un moment ou l’autre il est fatal que cette évidence doive éclater dans l’esprit de mes accusateurs eux-mêmes : en une révélation, ils verront à quel point je puis être innocent. Et c’est sans doute cette même raison qui poussait le fameux auteur arabe Hariri de Basra à s’écrier, dans une de ses séances : « Mon Dieu, ne permettez pas que soient mis en prison les hommes de lettres ! »

 

 

Le pape félicite les coureurs.

 

- … fidèle à sa devise : « Un temps pour parler. Un temps pour se taire. »

 

- C’est l’heure où l’on entend chanter les constellations. »

 

 

 

Olivier Messiaen(aucun rapport avec Montherlant!) a écrit "le chant de l'étoile Aldébaran". Ecoutez ce chant :

 

https://www.youtube.com/watch?v=LBKU__zPXPo

 

 

Ci-dessous : Jean Topart dans le rôle de Porcellio.

 

 

 

 

 

 

LA VILLE DONT LE PRINCE

 

EST UN

 

ENFANT* :

Il s'agit d'amours homosexuelles dans un établissement scolaire auquel un prêtre est mêlé!

Si le sujet est hélas banal (et ô combien d'actualité aujourd'hui) cette pièce était tellement scandaleuse à cette époque que Montherlant interdit qu'on la joue pendant des dizaines d'années et refusa toujours maintes propositions - d'ailleurs  il est indiqué sur le texte que "cette pièce n'est pas destinée à être représentée".

Les mœurs évoluant c'est finalement Jean Meyer** qui la monta au théâtre Michel en 1967 avec un grand succès.

Aujourd'hui elle est tombée entièrement dans les oubliettes car elle ne représente aucun intérêt - et encore moins de scandale!...

 

*Le titre se réfère à une page de l'Ecclésiaste.

** qui fut l'un de mes professeurs de théâtre.

De gauche à droite Montherlant et les deux créateurs G. Fontanel et P. Maurin.

De gauche à droite Montherlant et les deux créateurs G. Fontanel et P. Maurin.

 

 

 

 

LE CARDINAL D'ESPAGNE :

 

écrit en 1933, créé en 1960

 

Assis en Cardinal : Henri Rollan et à gauche sur la photo André Falcon

Assis en Cardinal : Henri Rollan et à gauche sur la photo André Falcon

MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !
MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !

J'ai vu cette pièce des dizaines de fois car c'était mon professeur Henri Rollan qui a créé le rôle titre.


Aujourd'hui j'en relis des passages - surtout au 2è acte avec "Jeanne la Folle" - et je comprends bien d'autres choses : c'est une réflexion entre action et inaction, entre agir et méditer.

MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !

La reine :


"Le combat que vous avez mené! Mener un combat! Lutter contre les hommes, c'est leur donner une existence qu'ils n'ont pas...
Vous sursautez si je dis que Dieu est le rien. Le rien n'est pas Dieu, mais il en est l'approche, il en est le commencement... Ainsi je respire Dieu quand je suis dans le rien. Vous l'avez dit vous-même. : il y a deux mondes, le monde de la passion, et le monde du rien : c'est tout. Aujourd'hui je suis du monde du rien.

 

Cisneros :

vous êtes pure, Madame, vous êtes pure! Il est facile d'être pur quand on n'agit pas, et qu'on ne voit personne.

 


La reine :

Agir! Toujours agir! La maladie des actes. La bouffo-

nnerie des actes. On laisse les actes à ceux qui ne sont capables de rien d'autre.


Cisneros :

Et vous aussi, cependant, vous faites quelques actes, comme tout le monde.


La reine :

Je ne fais pas d'actes, je fais les gestes d'actes...

 

Acte 3 :

Ne dit-on pas que chez les Arabes les fous sont tenus pour des inspirés? Elle voit l'évidence, et c'est pourquoi elle est folle."

 

 

Cisneros meurt parce qu'il a été trahi et que le jeune roi arrive. Montherlant précise : "Il n'est pas étendu, mais recroquevillé sur lui-même comme une mouche morte."
Ainsi faisait le créateur du rôle Henri Rollan.
J'ai vu une interprétation par un autre acteur où il meurt les bras en croix.

C'est un contresens qui défigure toute la pièce.

MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !
MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !

 

 

 

 

LA GUERRE CIVILE :

 

 

alternant : Pierre Fresnay et Pierre Dux, puis G. Didier et A. Adam.
alternant : Pierre Fresnay et Pierre Dux, puis G. Didier et A. Adam.

alternant : Pierre Fresnay et Pierre Dux, puis G. Didier et A. Adam.

Triumvirat

Triumvirat

Je trouve que ça fait terriblement amateur!
Je trouve que ça fait terriblement amateur!

Je trouve que ça fait terriblement amateur!

Je l'ai vue cette pièce (au théâtre de l'Oeuvre). Hélas je n'en ai aucun souvenir!

 

"Le Cardinal d'Espagne et La Guerre civile ont reçu le meilleur accueil du public... Malgré le handicap qu'étaient pour elles des sujets peu accessibles au public contemporain : Dans le Cardinal, le problème philosophique de l'action et de la non-action; dans la Guerre civile, une intrigue située chez les anciens Romains, dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils ne sont pas à la mode aujourd'hui."

 

Cependant Bernard Gavoty écrit en 1965 : ... "cette pièce est étincelante et dure tel du silex. Il en jaillit du feu."

 

Note : J'ai relu récemment "la guerre civile" dont je n'avais AUCUN souvenir. Je ne comprends pas comment le public a pu aimer ça! On dirait une œuvre d'amateur! C'est bavard et incompréhensible, maladroit et naïf. Le livre m'est tombé des mains plusieurs fois. C'est d'un ennui!

Ca se veut viril et militarisant alors que tout est artificiel. Mais où est le grand style de Montherlant?

Inutile, là, de chercher et de trouver du mysticisme!

Voilà la seule référence mystique que j'ai pu arracher à ce bavardage :

 

"Tu sais que les âmes de nos soldats morts - de quelque parti qu'ils aient été - s'en vont former des constellations?"

On entend une modulation de flûte au loin."

A la fin de sa vie. Presqu'aveugle, il se suicide!

A la fin de sa vie. Presqu'aveugle, il se suicide!

MONTHERLANT et sa MYSTIQUE !

 

La lucidité de Montherlant ! :

 

 

*

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