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Enfin une mise en scène "normale" et même plus : réussie et superbe, voix somptueuses, mise en scène classique, judicieuse, joyeuse, originale, jeux des acteurs parfait - et en plus ils sont beaux! -, mimiques, d'après études psychologiques des personnages, appropriées. Un vrai régal (hier 9/5/13 sur Mezzo). Je me le commande immédiatement (et pour ceux, qui, comme moi en ont assez des m en sc idiotes - voir l'horreur ci-dessous! - voilà de quoi nous raccommoder avec l'opéra! - si tant est que ce soit nécessaire -...)

 

 

 Ah! On est loin des horreurs actuelles des mises en scène stupides et gratuitement provoquantes de Bayreuth!

 

link

 

http://richardwagner.free.fr/bayreuth_requiem.htm

J’ai entr’aperçu une horreur !

 

Hier soir 9 février 2013 sur « Mezzo » j’accroche par hasard l’ouverture du Vaisseau Fantôme. J’écoute et je regarde, pour l’instant je suis séduit : mise en scène originale de l’ouverture – dont en général on ne sait plus que faire - (pluies, mer et tempêtes avec des apparitions de musiciens de l’orchestre, tout ça en noir et blanc). Ce me plaît je reste et je regarde.

 

Dans ma naïveté je m'attendais à quelque chose comme ça...

(Wolfgant Wagner - Neue Bayreuth années 60)

 

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Hélas ! trois fois hélas – alors que le texte de Wagner dit :

 

« La scène représente un rivage bordé de rochers à pic, - La mer occupe une grande partie de la scène, - La vue s’étend au loin sur les flots. – Temps sombre. – Violent orage…

Le navire de Daland vient de jeter l’ancre près du rivage . Les matelots travaillent bruyamment à carguer les voiles, à lancer des câbles… »

 

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Je vois sortir, en courant, d’un bâtiment moderne (un grand magasin ? - finalement je crois que c'est une piscine!) une foule de gens bigarrés et colorés ! Je n’ai pas voulu (ni pu) en voir davantage et j’ai immédiatement coupé !

 

Mais A QUOI PENSE-T-ILS et pour qui se prennent-ils ?

Dans ma naïveté j’avais espéré une embellie lors de quelques mise-en-scène satisfaisantes à

Bastille

(une Salomé et une Mireille) mais las je me trompais : c’est maintenant pire qu’avant ! Oui : jusqu’à présent « ils » se contentaient de faire des « relectures » (comme on dit) et c’était plus ou moins délirant (et souvent plus que moins) mais là c’est un autre niveau dans l’incompréhensible et dans l’horreur : on plaque sur une musique écrite (et pas encore « tripotée* ») une histoire qui n’a absolument AUCUN RAPPORT avec le livret.

Pourquoi font-ils ça ? A quoi ça sert ? Je n’arrive pas à comprendre ?

Déjà il y a quelques années au Châtelet j’ai vu un Tannhäuser où l’action proposée n’avait absolument rien à voir avec le livret de Wagner !

Volonté de salir, de « mettre des moustaches à la Joconde » ?

Plaisir de ravaler le chef-d’œuvre ?

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Déjà Berlioz écrivait :

 

« Mais les plus cruels ennemis du génie… ce sont ces tristes habitants du temple de la routine, prêtres fanatiques, qui sacrifieraient à leur stupide déesse les plus sublimes idées neuves, s’il leur était donné d’en avoir jamais; ces jeunes théoriciens de quatre-vingts ans, vivant au milieu d’un océan de préjugés et persuadés que le monde finit avec les rivages de leur île; ces vieux libertins de tout âge qui ordonnent à la musique de les caresser, de les divertir, n’admettant point que la chaste muse puisse avoir une plus noble mission; et surtout ces profanateurs qui osent porter la main sur les ouvrages originaux, leur font subir d’horribles mutilations qu’ils appellent corrections et perfectionnements, pour lesquels, disent-ils, il faut beaucoup de goût. Malédiction sur eux! ils font à l’art un ridicule outrage! Tels sont ces vulgaires oiseaux qui peuplent nos jardins publics, se perchent avec arrogance sur les plus belles statues, et, quand ils ont sali le front de Jupiter, le bras d’Hercule ou le sein de Vénus, se pavanent fiers et satisfaits comme s’ils venaient de pondre un œuf d’or. »

* Note sur les partitions « tripotées ». Oui c’est vrai on a beaucoup fait ça au XIXè siècle sur Mozart (Dom Juan, La Flûte…) et sur de mauvaises lectures – par méconnaissance – du répertoire baroque.

Mais je veux rappeler ici le massacre qui a eu lieu dernièrement sur le Ring de Wagner … (voir plus bas dans cette page)...

 

Ah ! on sait d’où vient l’opéra mais on ne sait pas où il va !…

 

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Souvenirs personnels à propos de Tosca :

 

J’ai 15 ans et dans le foyer de jeunes filles que dirigeait ma tante il y a une télévision en noir et blanc avec une seule chaîne. C’est là, par le plus grand des hasards, que j’assiste au grand concert de la Callas à l’opéra Garnier (1958 ?) En deuxième partie elle donne le second acte de la Tosca. Je n’y connais rien mais je suis bouleversé. Il y a de quoi! Ca y est j’aime l’opéra! (Distribution, Callas, Tito Gobi… direction Georges Sébastian ! Ah ! C’était autre chose… ! « Ils » mouillent leur chemise, Ils se donnent, ils se démènent, ils ont des voix…)

 

http://fr.medici.tv/#!/tito-gobbi-et-maria-callas-tosca

link

 

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- Autre grand souvenir : à la télévision, vers les années 90, dans les lieux et les temps où se déroule l’action : 1er acte l’après midi, 2è acte au milieu de la nuit au Palais Farnese, et 3è acte au Château Saint-Ange à l’aube. J’ai tout vu, j’ai passé une nuit blanche. Ca c’est du théâtre, ça c’est de l’opéra, ça « ils » se défoncent.

- Un autre souvenir à Garnier (1962 ?) une Tosca pauvre et conventionnelle (déjà !)

- Je crois, hélas, que je n’y ai jamais vu la grande Crespin.

Il y a quelques années une grande Tosca au cinéma avec Ruggiero Raymondi. Terrifiant ! – je me souviens au troisième acte, le jour se lève mais le ciel reste noir!

 

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Je retrouve ça (attention! Laissez passer la pub!):

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18667128&cfilm=29264.html

 link

 

Ca c’est du théâtre ! Ca c’est de l’opéra ! J’ai le frisson tout de suite ! Ce que j’ai vu hier soir n’a RIEN A VOIR avec ça. C’était un classique bien sage où chacun faisait son « cacheton ». Beurk ! Vilain !

Siegfried à « La Scala »

 

http://www.east-man.be/fr/16/16/Siegfried

 

sur mezzo mardi 23 octobre 2012 en soirée :

 

J’attrape par hasard le 1er acte déjà commencé. Décors et mise en scène idiots comme attendu !Capture-d-ecran-2012-10-24-a-13.52.07.png

Je ne veux même pas analyser : des boites horizontales qui deviennent verticales. Pour la forge de l’épée : on ne voit rien, Siegfried forge en cachette derrière une des boites ! – abus de projections colorées.

 

Les choses deviennent plus intéressantes au second acte. Bon décor : une forêt de troncs qu’on devine de sapins noirs – ambiance de sous bois épais et étouffant – obscurité au fond.

C’est conforme aux indications de Wagner.Capture-d-ecran-2012-10-24-a-14.20.37.png

 

Les Français n’ont pas la compréhension de la Forêt. Ils n’ont que celle du bois… du bois de Boulogne… » ! – Wagner -)

C’est un acte de SOLITUDE alors pourquoi ces danseurs durant la seconde partie de l’acte ?!

Siegfried, seul, doit connaître la peur. Viennent les fameux « murmures de la forêt ». Puis à partir d’un certain moment – et jusqu’à la fin de l’acte ! – cinq ou six danseurs habillés de noir et tenant chacun une épée vont entourer Siegfried (pour le protéger de Mime ?) en faisant, avec leurs épées des figures étranges : une étoile à cinq branches (non ce n’est pas l’étoile de David !) un faisceau de glaives très Mussolinien (Hitlérien plutôt ?… mais on est à Milan… !) et d’autres. En voyant ça, chez moi, je criais aux danseurs « mais partez, partez donc ! » Leur présence était complètement inutile et déplacée.

 

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C’est tout de même étrange car à l’opéra Bastille pour le Ring qui se déroule actuellement (2012) et que j’ai vu – malheureusement - l’an dernier et que je n’ai pas voulu revoir cette année tant la mise en scène était nulle, là aussi le metteur en scène a eu l’idée saugrenue et entièrement déplacée de remplir cette forêt d’hommes nus (et qui mettent un slip durant la 2è partie de la scène - authentique!)

 

 

 

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C’est complètement illogique et en contre sens complet avec cet acte qui est, je le rappelle, un acte de solitude. Cette solitude n’est peuplée, habitée, pour Siegfried que par « la voix de l’oiseau » (Colorature) qui ici est figurée par la présence réelle de la chanteuse en robe blanche (et invisible à Siegfried). Oui ce n’est pas mal. Je ne suis pas contre. C’est la seconde fois que je vois prendre cette initiative et là encore je suis séduit.

DIVERSES CRITIQUES :

 

 

(dans la mise en scène –ci jointe – idiote et vulgaire le second acte par contre est excellent et l’oiseau y est aussi représenté. L’un a-t-il copié sur l’autre ?)

 

Le dragon : ce pauvre dragon (que Wagner voulait comique) a été représenté de toutes les manières envisageables (y compris de ne pas le représenter du tout – comme ça c’est plus simple et moins cher !) – n’est ici suggéré que par des projections (encore !) mobiles et vaguement jaunes (pour évoquer l’or ?). Pour le combat (sans combat) les projections se font plus précises (serpents géants, masse gélatineuse…)

 

Au troisième acte tout est vaguement idiot ! : D’abord l’invocation d’Erda (l’omnisciente des profondeur de la terre). Elle monte du sous-sol. Capture-d-ecran-2012-10-24-a-13.53.07.pngWagner a précisé qu’elle doit être couverte de givre. Les couleurs doivent être violettes et blanches. Si Wagner a précisé ça c’est qu’il y a une correspondance entre la musique et la couleur – Depuis Messiaen nous ne pouvons plus ignorer l’importance des couleurs en musique ! - Ici, non seulement elle est habillée en femme du monde mais elle semble attachée par un grand voile blanc qui paraît tomber du ciel ! Contresens complet ! : Erda est un force tellurique. Pas cosmique. Et en plus toute la scène (presque jouée comme une scène de ménage !) est en « plein feux » ! Aucun mystère ! Ce n’est pas du tout l’ambiance ! Contresens complet. Encore un !

 

 

Les scènes 1 et 2 se passent devant une toile de fond neutre avec de vagues projections de couleur. Ca ne décrit rien. On ne sait pas où on est. C’est plat. Et la mise en place est quasi nulle. Les chanteurs sont presque face au public (surtout sc 2). On dirait une mise en scène pour un opéra de Lully ou de Haëndel !)

Est-il donc si difficile de comprendre (et d’évoquer, et de représenter) que c’est un acte telluriquequi se passe dans une gorge de montagne sombre et qui prépare le final, lui, cosmique et lumineux ?!

 

Quand j’aurai dit qu’on ne peut pas faire n’importe quoi j’aurai dit une banalité…

voir : LE SENS INTIME DE LA TETRALOGIE DE WAGNER

 

 

Après le superbe « changement de décor » évoqué ici seulement par des effets d’éclairage on découvre Brünhilde.

Ici elle est représentée sur une espèce de mausolée qui, quant à moi, m’a évoqué une sorte de monument aux morts qui aurait été fondu par une tempête nucléaire (c’est très dégoulinant de formes métalliques étranges) et qui dans la seconde partie de cette scène (vraiment trop longue) se transformerait en radeau nageant dans une forêt amazonienne hyper luxuriante dans une ambiance verte (j’ai pensé à « Aguire, la colère de Dieu »).

 

Bombe atomique, Aguire en amazonie pour le final de Siegfried ? je ne suis pas contre. Pourquoi pas ? Peut-être mon imagination s’est elle emballée ? Mais c’est mal fait et tout ça en plein feux (oui je sais c’est au sommet d’une montagne ensoleillée). Alors les gros plans sur Brünhilde pendant ses deux contre-ut, je ne vous dis pas ! Oui, vraiment l’opéra n’est pas fait pour être filmé en gros plan. Pas du tout.

 

 

Bonne direction de D. Baremboin. Tempi justes ou intéressants.

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Siegfried (Lance Ryan) n’a plus 20 ans – belle voix – et joue bien le trouble adolescent ( !) devant la découverte de la femme (« Das ist kein Man ! ») Parfois cependant il m’a fait penser à Tarzan !

Brünhilde (Nina Stemme) non plus n’a plus vingt ans. Plus du tout. Voix superbe.

Peter Bronder dans Mime : épatant. Le meilleur. Semble vraiment épuisé durant les saluts du 2è acte (y’a de quoi).

Wanderer (Juha Uusitalo) voix superbe mais étrange maquillage. Théoriquement Wotan (ici appelé Wanderer – le voyageur – pour garder son anonymat) est borgne. Il a payé d’un œil la connaissance acquise en buvant à la source de sapience. Ici ils se sont contentés de noircir tout un côté du visage de l’acteur ce qui fait que, vu de loin, l’illusion est suffisante mais en gros plan (TV et cinéma sont-ils bien appropriés au genre de l’opéra ?) on voit très nettement qu’il a ses deux yeux ouverts et mobiles !

Albérich (Martin Kränzle) voix superbe et jeu un peu maniéré. Etrange et intéressant… C’est un « Alfe sombre » un nain des abîmes qui lui aussi essaie de récupérer l’anneau. C’est un être noir et malfaisant vêtu de peaux de bêtes (comme Wotan). Pourquoi ces manières ? Est-il gay ?!… Je me suis posé la question !

Fafner (Dean Peterson) basse, est visible après la mort de Fafner (influence de Chéreau ?) mais chante en voix nue (théoriquement c’est dans un porte voix pour faire mystérieux et caverneux) ce qui enlève tout mystère et banalise aussi bien l’acteur que la musique. Dommage.

Erda (Anna Larsson) voix superbe (comme toutes les contralto !) mais mise en scène et costume idiots (voir ma critique du 3è acte).

L’oiseau de la forêt (Rinnat Moriah - coloratur) voir ma critique du second acte.

 

La Scala est-elle bien dans son rôle en programmant Wagner…?

 

Le présentateur (un minou de vingt ans – avec qui a-t-il couché ? -)

n’a dit que des banalités.

 

Ah ! Décidément Wagner résiste à tout !

 

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"Quand tu les vois aujourd'hui t'aduler

Ces pauvres snobs qui te sifflait naguère

Du haut des cieux ta demeure dernière

Richard Wagner tu dois te gondoler!"

 

DEUX NOUVELLES LECTURES :

 

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Table des matières :

 

- Histoire d'une idée

- La nature du génie

- Les mécanismes du génie

- Les limites du génie

- Le secret du génie

- Conclusion

Un livre enchanteur et délicieux en forme de dialogue entre Jean-Jacques et l'auteur (Docteur en Biochimie) qui se croit la réincarnation de Rousseau!

Très d'actualité (donc écologique) il permet en outre de se faire en deux cents pages une idée assez complète de l'œuvre immense de Jean-Jacques.

 

voir aussi : MYSTICISME ABSOLU

Le travail, l'inspiration et le frisson mystique

 

 

Un livre passionnant, historique, scientifique et d'aventures vraies et incroyables! Se lit comme un roman policier et apprend beaucoup de choses! On ignore trop ce qui s'est passé à cette époque et en cet endroit :

 

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"En 1735, trois dignitaires de l'Académie royale des sciences de Paris, Godin, Bouguer et La Condamine, sont envoyés au Pérou pour y mesurer un arc du méridien terrestre. L'expédition est prévue pour quelques mois.

Mais c'est compter sans les rivalités politiques, les ambitions personnelles et les faiblesses des hommes - sans la fascination exercée sur eux par l'univers fabuleux de l'Equateur et du Pérou. Chez les savants la bonne entente cède bientôt le pas à la jalousie et à la haine. L'Académie des sciences coupe les crédits. Forcés de vivre d'expédients, les savants français vont se lancer dans d'incroyables aventures.

Deux d'entre eux seulement, après des années d'épreuves, garderont assez de volonté pour s'arracher à leur rêve et rentrer au pays. Les autres mourront d'accident ou de maladie ou bien sombreront dans la folie et la déchéance..."Capture d’écran 2012-05-20 à 13.00.14

 

"Vous allâtes chercher en des lieux plein d'ennuis

Ce que Newton savait sans sortir de chez lui!"

Voltaire

 

Une belle « Flûte enchantée »

sur « mezzo » :

 

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Ce qui m’a le plus enchanté dans cette réalisation c’est le tempo assez rapide pratiqué presqu’en permanence. Ca donne un dynamisme remarquable et même ça fait ressortir des « accompagnements » à l’orchestre qui ne peuvent se révéler que dans un tempo rapide.

Seul le passage des « Hommes armés » à été donné dans le tempo lent, en accord avec la solennité du moment :

 

"Ici la route s'ouvre à vous, pleine d'obstacles.

L'air, l'eau, le feu, la terre purifient

Celui-là qui vaincra les affres de la mort,

Sortira du tombeau victorieux.

Désormais, il pourra se consacrer

A ton mystère, ô grande Isis, tout entier."

 

 

 

 

 

« Si l’on retient que ce choral réformé, traduction littérale d’un verset de psaume hébraïque se déroule dans son adaptation à un texte ancien de religion païenne (authentique ou non, peu importe) sur le fond orchestral d’un Kyrie de maître de chapelle catholique salzbourgeois, on aura une idée de l’extraordinaire essai de synthèse auquel, bien avant l’« œcuménisme » de la seconde moitié du XXè siècle, nous convie l’admirable musique de Mozart, illustrant ainsi, volontairement o u non, une idée chère à la Franc-Maçonnerie : celle de l’union des cultes et des dogmes… dans une sorte de super-religion philosophique qu’elle s’efforçait d’être. »

 

 

 

 

Mais qu’est-ce qu’ils ont donc tous à vouloir « tripatouiller » Wagner !

 

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Après le sacrilège commis à la Cité de la musique en automne 2011, (voir plus bas) voilà que le Théâtre de l’Athénée s’en mêle aussi (et s’emmêle…) !

Nous avons eu droit l’autre soir à la dernière représentation de « Nietzsche, Wagner, le Ring ».

Le spectacle était composé de quelques textes de Nietzsche murmurés par un comédien et à quelques scènes du Ring (avec une erreur dans le programme qui croit bien faire de préciser que la version originale du Ring dure 36 heures – alors qu’elle « ne fait » que 15 ou 16 heures – ce qui est bien suffisant !). L’orchestre était réduit à 25 musiciens environ dans la formation nécessaire pour jouer « Siegfried Idyll » était-il précisé dans le programme.

 

 

 

 

 

 

 

 

On a donc eu l’étrange impression que le Ring était de la musique de chambre…

 

Musicalement nous avons donc été gratifiés de la 2è scène du IIè acte de la Walkyrie (ce long récit de Wotan fait pour résumer tout ce qui s’est passé avant ce moment) avec un pauvre Wotan dont la voix était presque perpétuellement couverte par cet orchestre déjà allégé – puis le final de la Walkyrie jusqu’à la musique du feu – puis la 2è scène du IIè acte de Siegfried (c’est-à-dire « les murmures de la forêt ») jusqu’à l’éveil de Fafner (dont on ne verra qu’un œil – mais ça on l’a déjà vu dans des mises en scènes autrement prestigieuses)

 

 

– puis la si belle scène entre Siegfried et le « Wanderer » au IIIè acte, enchaînant sur un début d’éveil de Brünhilde (sans harpe évidemment !).

 

Après l’entracte ce fut pire,

car comment résumer « le Crépuscule des Dieux » en 1 h et demie ?…

Après la scène entre Brünhilde et Siegfried du Prologue nous avons eu droit (en projection et dans le silence total) à un résumé caricatural des deux premiers actes de cet opéra pour sauter directement au beau récit de Siegfried qui sera cause de sa mort (IIIè acte).Capture-d-ecran-2012-05-12-a-21.09.13.png

La fin est très étrange : le début du grand final du Ring coupé puis – très bizarrement - un (autre) arrangement du Prélude de l’Or du Rhin (!) pour se terminer par les toutes dernières mesures du Ring : « la Rédemption par l’Amour ».

 

Alors là « ils » ont sans doute voulu rajouter du symbolisme à un moment où tout déjà est symbole ! Idée plutôt saugrenue, inutile et vaine !

 

Mes amis et moi étions tous du même avis : réalisation moyenne, intérêt discutable et discuté (à quoi ça sert de faire des « tripatouillages » pareils – quelle en est l’exacte finalité ?- Faire mieux connaitre Wagner? Grave erreur! En le rapetissant? En le mettant en sourdine? Sûrement pas!)

Félicitations cependant aux musiciens de l’orchestre Lamoureux qui avec leur seul instrument devaient sonner comme un grand orchestre – Félicitations pour les voix de Siegfried (Paul Gaugler) et surtout de Brünhilde (Muriel Ferraro sublime dans « son » final du Ring) – Mise en scène amusante (c’était fait comme des répétitions)… avec quelques bonnes idées dans le relationnel entre les personnages.

 


J’aurais peut-être aimé plus de Nietzsche et moins de Wagner et préféré que tout soit accompagné tout simplement au piano. C’est très intéressant les opéras au piano : j’ai vu deux Pelléas au piano – c’était impeccable et magnifique – et une partie du IIè acte de Tristan (au piano) ce qui donnait une sorte de radiographie en noir et blanc de la structure Wagnérienne qui m’a fait comprendre bien des choses !

 

 

DIVERSES CRITIQUES :
DIVERSES CRITIQUES :

Conclusion : Ah! rien ne vaut un bon orchestre de plus de cent musiciens car j’ai tout de même eu l’impression d’avoir été dans un petit théâtre de province qui se serait fourvoyé dans une œuvre trop grande pour ses pauvres moyens !

 

Ah ! J’y reviens :

les réductions pour piano ont vraiment du charme et sont toujours nécessaires !

 

 

DIVERSES CRITIQUES :

 

De drôles de Maîtres Chanteurs à Bayreuth!

 

 

Hier soir, 26 mai 2012 j'ai regardé sur Mezzo :

 

Les Maîtres de chanteurs de Nuremberg, opéra de Richard Wagner

Bayreuther Festspiele Chorus, Bayreuther Festspiele Orchestra,

Sebastian Weigle (direction)
Katharina Wagner (mise en scène)

 

 

 

Franz Hawlata (Hans Sachs), Klaus Florian Vogt (Walther Von Stolzing), Michael Volle (Sixtus Beckmesser), Michaela Kaune (Eva), Norbert Ernst (David), Artur Korn (Veit Pogner), Charles Reid (Kunz Vogelgesang), Rainer Zaun (Konrad Nachtigall), Markus Eiche (Fritz Kothner), Edward Randall (Balthasar Zorn), Hans-Jürgen Lazar (Ulrich Eisslinger), Stefan Heibach (Augustin Moser), Martin Snell (Hermann Ortel), Andreas Macco (Hans Schwarz), Iógenes Randes (Hans Foltzd), Carola Guber (Magdalene), Friedemann Röhlig (Ein Nachtwächter)

Enregistré en 2008 au Festival de Bayreuth
Réalisé par Andreas Morell

 

Dans la mise-en-scène si controversée de Katharina Wagner (fille de Wolfgang Wagner, récemment décédé) aux derniers festivals de Bayreuth.

 

http://gw1.geneanet.org/frebault?lang=fr;p=richard;n=wagner

 

http://www.lexpress.fr/actualites/1/culture/les-maitres-chanteurs-vus-par-katharina-wagner-vivement-applaudis-a-bayreuth_1015442.html

 

J'en avais entendu dire tellement de mal et d'horreur que j'ai presqu'été agréablement surpris.

De bonnes choses au 1er acte, une revisitation des personnages : j'ai regardé avec intérêt et amusement. C'est très théâtral.

DIVERSES CRITIQUES :

Par contre le second acte n'est qu'un contre-sens permanent et absurde. Je défie un non Wagnérien d'y comprendre quelque chose! Quant à Sachs qui tape à la machine, la pluie de chaussures, et Beckmesser sans son luth,  je n'en dirai pas davantage! Oui, oui, j'ai compris c'est de la distanciation Brechtienne, mais tout-de-même!

Je n'ai pas osé regarder le 3è acte - d'ailleurs il commencait à 23 h 30!

 

Mais je l'ai revu plus tard (hier 8/7/13 sur Mezzo je crois) à partir du concours final de chant et je n'ai pas été du tout horrifié. Il y a une relecture de la grande tirade de Sachs  (évoqué en dictateur perorant) à la gloire de l'art allemand. Pourquoi pas? On ne peut tout de même pas faire comme si rien ne s'était passé en Allemagne!...

 

Coup de chapeau sans restriction à tous les acteurs : voix magnifiques, jeux splendides esquissant bien la pensée (nouvelle?) de Katarina Wagner et orchestre somptueux (parfois un peu lent). Ah! Vraiment même mis à toutes les sauces Wagner "passe" toujours aussi bien!

DIVERSES CRITIQUES :

WAGNER EN FRANCAIS !

 

 

Le 30 mars 2012 était donné à l’amphithéâtre de l’opéra Bastille une reconstitution historique unique, intéressante mais … ratée… Nous allons voir pourquoi :

 

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C’était la représentation du premier tableau du IIIè acte des Maîtres-Chanteurs tel qu’il fut donné à Paris, pour la première fois, en 1897, dans les décors, la mise-en-scène, les postures et… en Français (dans la version d’Alfred Ernst) le tout accompagné au piano.

Le premier personnage à intervenir est David (André Gass). C’est un beau rôle (un peu court dans ce troisième acte) et je suis entièrement satisfait : diction parfaite : on comprend tout et je me réjouis tout en gardant un certain étonnement et une relative gêne devant ces paroles françaises sur une musique allemande. On songe à du Debussy qui aurait écrit une musique germanique… Etrange ! Mais c’était le pari. Et pour David il fut gagné !

La déception arrive dès le rôle de Sachs dont on ne comprend qu’un mot sur dix environ !

Et puis vient tout de suite les trahisons de la traduction : « Wahn ! Wahn ! Uberall Wahn ! » (qui veut dire « Vanité, vanité, tout est vanité » – notoirement inspiré par les premières lignes de l’Ecclésiaste). Devient « Rêve ! Rêve » ! Mais comment faire autrement ? On ne peut plaquer le mot « Vanité » sur l’unique note de « Wahn » ! Certes c’est astucieux puisque ça ne trahit pas la philosophie de l’acte (basé sur l’importance du rêve). Mais ça élimine l’ouverture biblique. Quelle trahison ! Et il y aurait encore bien d’autres exemples mais celui-ci est le plus caractéristique et le plus « criard » !…

 

Tous les autres rôles Walther, Beckmesser et Eva sont à abandonner dans la même catégorie : on ne comprend parfois pas un mot ! (Et pourtant l'un d'entre eux a travaillé avec Camille Maurane! Alors que se passe-t-il?...)

Un petit point positif cependant pour le chanteur jouant Walther : il le joue en jeune homme timide, et qui découvre avec étonnement et prudence le chant dont il a rêvé. C'est plus conforme à la situation et ça nous change de tous ces Ténors qui abordent ce rôle d'une façon fringante et tout de suite victorieuse.

 

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Mais que vaut cet essai de reconstitution en Français si on ne comprend pas un mot ? Beau travail, certes, mais vain.

Quitte à ne rien comprendre il vaut mieux que ce soit en Allemand !

 

https://www.youtube.com/watch?v=S9Xqsn9fAQE

 

Mais ici se pose le problème du chant contemporain et de la perte quasi totale de la bonne diction. Quel dommage ! Mais dans quelle école de chant sommes-nous aujourd’hui ?… !

 

Enthousiasme sans réserve, par contre, pour la pianiste Anne Le Bozec qui affronte avec perfection et nuances cette partition difficile… et non pianistique… ! Elle ne fut que médiocrement applaudie : le public est parfois sourd aux exploits !

 

*

 

 

 

 

Le Ring qui a été donné à la Cité de la musique en octobre 2011

 

 

A propos de la réécriture du Ring de Wagner à la Cité de la musique :

 

 

Voici venir le temps des abominations et des profanations !

 

 Après avoir assisté à tant de mises en scène idiotes, prétentieuses et incompréhensibles (qui parfois n’ont aucun rapport avec le livret – j’en ai vu plusieurs et pas uniquement pour Wagner) je finissais par m’étonner qu’on n’arrive pas à « tripoter » (le mot est bien choisi) les partitions.

 

Voilà qui est fait par la Cité de la Musique où quelques uns ont osé réécrire, transformer, couper, réorchestrer, et peut-être réharmoniser le Ring de Wagner. Réduire Wagner à 18 musiciens! C'est lui retirer toute sa personnalité ! Je le préfèrerais au piano.

 

Ce n’est qu’un début. D’autres essais suivront sur d’autres partitions de Wagner ou d’autres. N’en doutons pas.

 

Certes Wagner aurait dit après sa première du Ring « il faut faire des coupures » mais de là à réduire le Ring à neuf heures et à le déorchestrer il y a un pas… que la Cité de la musique n’hésite pas à franchir, sans peur et sans honte. (Je sais on a fait des choses dans ce genre au XIXè siècle – pour Mozart par exemple…) En aucune manière vous ne retrouvez, comme vous avez l’outrecuidance de l’écrire, "l’idée initiale de Wagner ". L’idée initiale de Wagner c’est le Ring comme il est donné à Bayreuth et évidemment dans l’orchestration originale du Maître. C’est trop facile de se targuer de reconstitution historique pour créditer des horreurs ! Vous n'avez fait que mettre des moustaches à la Joconde. Pas autre chose!

 

Nul doute non plus que l’exploit sera très applaudit !

 

 Quelle prétention et quel aveuglement faut-il pour faire un pareil travail, un pareil sabotage ! Je suppose que son auteur est très fier de sa réalisation… A qui le tour  maintenant ?

 

 J’ai l’honneur de ne pas vous saluer.

 

A faire suivre à la direction...

 

(ce texte fut envoyé à toutes les adresses mails que j'ai pu trouver

dans le programme 11 - 12)

 

Au secours « ILS » (les metteurs en scène)

sont devenus fous !

 

 

 J'ai vu Vaisseau fantôme se passer dans un iceberg!

 

 

J’ai vu un Tannhauser au Chatelet, il y a quelques années où l’intrigue qui se déroulait sur scène n’avait AUCUN rapport avec le livret de Wagner. Exemple : la Bacchanale était remplacée par un pianiste qui jetait ses partitions en l’air ! L’intrigue inventée semblait vaguement parler d’un compositeur ayant perdu l’inspiration ! Du délire !

 

J’ai vu aussi un Parsifal se passer dans un hopital…

 

Mieux : à Bayreuth (en 2010 et 2011) dans Lohengrin les chœurs sont déguisés en « souris » qui se caressent mutuellement la queue avec convoitise ! Et quand ils changent d’ « habits » ils ressemblent aux jazzmen de la Nouvelle Orléans, mieux faits pour jouer « Porgy ».

 

Et une flûte enchantée où des alpinistes descendaient en rappel des matelas verticaux! (Il paraît aussi que les années précédentes ça se passait sur un cour de tennis !)

 

J’ai vu aussi un Wozzeck se passer dans une cantine d’école maternelle où on chantait – sans que ça semble gêner personne - : « Tu vois cette bande lumineuse à travers l’herbe, où poussent les champignons » !

 

*

 

Cependant depuis le changement de direction de l'opéra Bastille les choses semblent s'assagir!

J'ai vu deux très belles "Salomé" dans des m en sc assez fidèles au texte d'Oscar Wilde.

 

Capture-d-ecran-2011-10-23-a-09.19.14.png

 

C'est le décor le plus proche des indications d'Oscar Wilde (qui a écrit sa pièce en Français). Richard Strauss l'a faite traduire puis a réalisé quelques "arrangements" de sa propre main.

 

Cependant une version a été enregistrée en Français par l'opéra de Lyon en mai 1990.

DIVERSES CRITIQUES :

 

 

*

 

J'ai vu aussi un Tannhauser

(dont le sous titre est "le tournoi des chanteurs à la Wartburg") qui est donc en réalité un concours de chant, transformé par le metteur-en-scène en un concours de peinture!!! L'idée pourrait paraître saugrenue si la réalisation n'était si bien faite et si logique d'un acte à l'autre que c'est acceptable et que "ça tient debout" tout de même... Mais quand même, c'est une drôle d'idée!...

 

Capture-d-ecran-2011-10-23-a-09.29.14.png

 

Et l'éternel Faust de Gounod dans une vraie m en sc moderne, véritablement pensée et travaillée, sans trahison et faisant bien évoluer les mises en scène d'opéra.

Tout est présent sur scène dès le début et l'ensemble évolue au cours du drame. C'est très intéressant.

 

FAUST-2011-10-24-a-19.08.33.png

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Published by bernardcousin

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